La route transcanadienne reste fermée jusqu’au col Rogers, car une combinaison inhabituelle de fortes pluies et de températures chaudes a déstabilisé le manteau neigeux, déclenchant d’importantes avalanches naturelles et empêchant les opérations de contrôle habituelles.

Les responsables de Parcs Canada ont déclaré que les travaux de contrôle des avalanches effectués le 19 mars ont produit des résultats significatifs, l’artillerie déclenchant des avalanches allant jusqu’à la taille 4, suffisamment grandes pour détruire les infrastructures et atteindre le fond des vallées. L’autoroute a brièvement rouvert dans la nuit de 20h00 à 3h00 du matin, mais la détérioration des conditions a forcé une nouvelle fermeture le 20 mars.

Dans un cycle de tempête typique, l’accumulation de chutes de neige augmente le risque d’avalanche, qui peut ensuite être réduit grâce à des déclenchements contrôlés à l’aide d’artillerie. Toutefois, les conditions actuelles s’écartent fortement de cette tendance. Au lieu de neige, la région reçoit d’importantes précipitations, permettant à l’eau liquide de pénétrer profondément dans le manteau neigeux. Cela affaiblit les couches structurelles et augmente le risque d’avalanches importantes et imprévisibles.

Parcs Canada signale que des avalanches naturelles atteignent déjà le bord de l’autoroute, démontrant à quel point la situation actuelle est dangereuse en Colombie-Britannique. Le passage de la neige à la pluie a également limité les options d’atténuation et, selon Parcs Canada, « le contrôle de l’artillerie n’est plus efficace dans les conditions actuelles ». De plus, les opérations de bombardement par hélicoptère ne sont pas possibles, ce qui pourrait retarder l’ouverture sécuritaire du col Rogers, car l’activité avalancheuse se produit naturellement et à grande échelle. Cela ne laisse aux gestionnaires d’autoroutes que peu d’options au-delà d’attendre que les conditions se stabilisent.

Selon Parcs Canada, deux facteurs clés sont nécessaires avant que l’autoroute puisse rouvrir en toute sécurité :

  1. Une baisse des températures, permettant au manteau neigeux de regeler et de se renforcer
  2. Une diminution de l’activité avalancheuse naturelle

Tant que ces deux conditions ne seront pas remplies, le risque pour les automobilistes restera trop élevé.

La situation au col Rogers reflète des conditions plus générales dans l’ouest du Canada et aux États-Unis, où des températures anormalement chaudes et des épisodes de pluie sur neige entraînent un dangereux cycle d’avalanches mouillées.. « C’est moche là-bas, de fortes pluies détrempées de neige avec de grosses avalanches destructrices qui parcourent tout leur chemin et brisent des arbres », a conseillé Avalanche Canada. « C’est le moment idéal pour rester en dehors de l’arrière-pays », a ajouté le Centre canadien d’avis d’avalanches.

Contrairement aux avalanches de plaques sèches, qui sont souvent prévisibles et contrôlables, les avalanches mouillées sont plus lourdes, se déplacent plus lentement et sont beaucoup plus difficiles à gérer, surtout lorsqu’elles se déclenchent naturellement.

Les météorologues prévoient que des températures plus fraîches plus tard dans la journée pourraient commencer à stabiliser le manteau neigeux, permettant potentiellement une réouverture. Cependant, le calendrier reste incertain et les autorités exhortent les voyageurs à surveiller de près les mises à jour.

D’ici là, l’un des corridors de transport les plus critiques du Canada reste à la merci d’un manteau neigeux qui s’affaiblit rapidement, où la pluie, et non la neige, est désormais la force dominante qui détermine le risque d’avalanche.

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