La saison 2026 du Freeride World Tour s’est terminée de façon spectaculaire le 28 mars au légendaire Xtreme Verbier, en Suisse. Au mythique Bec de Rosses, dans des conditions parfaites, quatre nouveaux champions du monde ont été sacrés lors de l’une des finales les plus mémorables de ces dernières années.

Organisé sur le Bec des Rosses au-dessus de Verbier, l’événement marquait la première fois depuis 2017 que la finale du tour revenait sur le lieu qui définit le sport depuis 1996. Connu pour son terrain escarpé et technique et ses zones sans chute, le Bec a une fois de plus été à la hauteur de sa réputation, surtout après que 50 centimètres (20 pouces) de neige fraîche ont recouvert la face dans les jours précédant la compétition.

À la fin de la journée, quatre champions du classement général ont été couronnés : Mia Jones (États-Unis, snowboard féminin), Victor de Le Rue (France, snowboard hommes), Lou Barin (France, ski féminin) et Ben Richards (Nouvelle-Zélande, ski masculin). Chacune a clôturé une saison qui s’est déroulée en Espagne, en France, en Alaska et en Suisse, la confrontation finale offrant à la fois des victoires dans l’épreuve et des titres au classement général.

Les États-Unis ont connu une performance particulièrement forte. Jones a mené la charge avec une double victoire historique, tandis que Toby Rafford a terminé deuxième au classement général en ski masculin et Ross Tester a pris la troisième place. Six Américains se sont affrontés sur le Bec des Rosses, signe de la forte présence américaine sur la scène freeride.

La performance de Jones a été l’une des histoires marquantes de la saison. Participant à sa première année, la native de Truckee, en Californie, a non seulement remporté l’événement Xtreme Verbier, mais a également remporté le titre général et les honneurs de recrue de l’année. Sautant de la porte de départ la plus haute, elle a attaqué le visage avec confiance, enchaînant une ligne fluide de virages et de airs techniques pour assurer la victoire. Sa victoire avait une signification supplémentaire. Jones est la fille du légendaire snowboarder Jeremy Jones, qui a remporté la même épreuve en 2005. 21 ans plus tard, elle a suivi ses traces sur le même visage, marquant un moment générationnel rare dans l’histoire du freeride.

Dans la catégorie Snowboard Men, le Suisse Liam Rivera a livré une performance qui ne passera pas inaperçue. Le Verbier a affiché une note quasi parfaite de 96,00, la plus élevée jamais enregistrée dans la discipline lors de l’événement, grâce à une ligne audacieuse comportant un air massif et un backflip proprement exécuté. Le public local a éclaté lorsque Rivera a remporté sa première victoire à l’Xtreme Verbier.

Pourtant, le titre général est revenu au Français de Le Rue, qui a gravé son nom plus profondément dans l’histoire du sport en remportant un cinquième titre record sur le Freeride World Tour. Malgré une chute lors de sa course, il a gardé son sang-froid, enchaînant une séquence à haut risque qui comprenait un énorme backflip dans une zone sans chute et un backside 360. Sa deuxième place de la journée a suffi à assurer la couronne du classement général via le bris d’égalité.

En ski masculin, Richards a réalisé l’un des runs les plus complets de la compétition. Le Néo-Zélandais a lancé plusieurs 360, des big airs et des transitions fluides sur la face, obtenant une note de 96,00 pour remporter à la fois la victoire de l’épreuve et le titre général. Cela a marqué une saison dominante pour Richards, qui a toujours terminé près du sommet et l’a clôturée avec autorité.

Rafford, qui est entré dans la finale en tant que leader du classement général, a réalisé une autre solide course soulignée par une énorme chute de falaise à 360° et une double chute près du bas. Il a terminé deuxième à Verbier et au classement général, tandis que la régularité de Tester tout au long de la saison lui a assuré la troisième place du classement général malgré sa 10e place en finale.

La catégorie Ski Femmes a vu une autre performance exceptionnelle de la Française Barin. Au cours de sa première année de tournée, l’ancienne skieuse acrobatique a affronté le Bec des Rosses pour la première fois et a réalisé une descente techniquement exigeante comprenant un double drop et deux 360 impeccables. Son score de 95 points lui a assuré à la fois la victoire dans l’épreuve et le titre au classement général, complétant ainsi l’une des saisons de recrue les plus impressionnantes de mémoire récente.

Le succès de Barin a été reflété par son frère, César Barin, qui a également atteint le podium à Verbier en snowboard hommes, marquant un exploit fraternel rare au plus haut niveau du sport.

Au-delà des performances individuelles, la saison 2026 restera marquée par la richesse des talents et l’émergence d’une nouvelle génération de freeriders. Des athlètes comme Jones et Barin ont démontré que les débutants peuvent non seulement concourir mais aussi dominer, tandis que des vétérans comme de Le Rue ont continué à repousser les limites de ce qui est possible sur certains des terrains les plus importants au monde.

Le Bec des Rosses a une nouvelle fois prouvé pourquoi il reste l’étape ultime de la compétition freeride. Avec des terrains raides, des lignes exposées et aucune marge d’erreur, il exige à la fois précision technique et résilience mentale. Les conditions de cette année – poudreuse profonde combinée à une visibilité stable – ont permis aux coureurs de démontrer pleinement leurs capacités, ce qui a donné lieu à l’une des finales de la plus haute qualité de mémoire récente.

Alors que le soleil se couchait sur Verbier, la saison 2026 du Freeride World Tour s’est clôturée sur un mélange de célébration et de réflexion. Des records ont été battus, des carrières ont été définies et un nouveau chapitre dans l’évolution du sport a été écrit.

Pour Jones, Richards, Barin et de Le Rue, ces titres représentent le point culminant d’une campagne mondiale épuisante. Pour le reste du plateau, le Bec des Rosses a servi à la fois de terrain d’essai et de rappel de ce qu’il faut faire pour atteindre le sommet.

Avec la barre encore une fois relevée, le freeride se tourne désormais vers 2027, où la prochaine génération tentera d’égaler, voire de surpasser, ce qui a été réalisé sur l’un des visages les plus emblématiques du sport.

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