La Fédération internationale de ski et de snowboard (FIS) a élargi la liste des athlètes russes et biélorusses autorisés à concourir en tant qu’athlètes individuels neutres (AIN), en publiant le 24 décembre un registre mis à jour qui élargit considérablement – ​​tout en restreignant étroitement – ​​le groupe autorisé à revenir aux compétitions internationales de sports d’hiver.

Cette décision fait suite à une décision du 2 décembre du Tribunal arbitral du sport (TAS), qui a estimé que la décision antérieure de la FIS de bloquer tous les athlètes russes et biélorusses des épreuves de qualification olympique constituait une « exclusion générale » illégale fondée uniquement sur la nationalité. Le TAS a ordonné à la FIS de permettre à un groupe défini d’athlètes nommés de demander le statut de neutralité, à condition qu’ils répondent aux critères de neutralité du Comité international olympique (CIO). Les équipes nationales des deux pays restent interdites.

La liste FIS mise à jour comprend désormais des dizaines d’athlètes et de personnel d’encadrement dans les domaines du ski alpin, du ski de fond, du ski acrobatique, du combiné nordique, du saut à ski et du snowboard. Les athlètes de Biélorussie et de Russie ont été approuvés entre le 10 et le 24 décembre, reflétant une mise en œuvre continue de la décision du TAS.

Parmi les athlètes biélorusses bénéficiant du statut AIN figurent des champions olympiques et des vétérans de la Coupe du monde tels que Hanna Huskova, médaillée d’or olympique de 2018 et médaillée d’argent de 2022 en sauts féminins, ainsi que la skieuse alpine Maria Shkanova et plusieurs concurrentes de style libre et de ski de fond. Le contingent biélorusse comprend également un nombre important d’entraîneurs et de personnel d’encadrement, notamment en ski acrobatique.

La liste russe comprend des noms éminents tels que la skieuse de fond Dariya Nepryaeva, médaillée d’or olympique et habituée des podiums de la Coupe du monde, l’athlète de combiné nordique Artem Galunin et la star du ski acrobatique Anastasiia Tatalina, championne du monde de Big Air 2021 et médaillée d’argent aux X Games 2024. Plusieurs skieurs alpins, snowboarders, sauteurs à ski et membres du personnel de soutien russes ont également été approuvés dans la dernière mise à jour publiée le 24 décembre.

Malgré l’élargissement de la liste, la réintégration reste très limitée. La décision du TAS s’applique uniquement aux athlètes spécifiquement nommés dans les appels et ne rouvre pas l’éligibilité à des programmes nationaux entiers. De nombreux athlètes russes et biélorusses de haut niveau, en particulier ceux affiliés aux structures militaires ou de sécurité de l’État, restent inéligibles en vertu des règles de neutralité du CIO.

Ces approbations constituent la première conséquence tangible d’une bataille juridique de plusieurs mois entre les fédérations russe et biélorusse et la FIS. En octobre, les pays membres de la FIS ont voté à une écrasante majorité en faveur du maintien de l’interdiction totale des athlètes des deux pays pour l’ensemble de la saison 2025-2026, bloquant ainsi la qualification olympique. Cette décision contredisait les directives du CIO, qui autorisent une participation individuelle neutre dans des conditions strictes, et a finalement déclenché la contestation du TAS.

Bien que le TAS ait autorisé le maintien des interdictions d’équipe en raison de la guerre en cours en Ukraine, il a statué que la FIS ne pouvait pas exclure des individus éligibles sur la seule base de leur nationalité. Le jugement a contraint la fédération à créer une voie étroite de retour à la compétition, même si la plupart des associations nationales de ski continuent de s’opposer à une réintégration plus large.

Le débat divise les sports d’hiver internationaux. Les partisans de l’interdiction soutiennent qu’autoriser le retour des athlètes russes et biélorusses risque de saper la réponse internationale à l’invasion de l’Ukraine par la Russie et pourrait normaliser l’agression. Les critiques rétorquent que l’exclusion d’athlètes individuels politise le sport et punit injustement les concurrents sans lien direct avec la politique de l’État.

Surtout, le statut AIN ne garantit pas la participation aux Jeux olympiques d’hiver de 2026. Les athlètes approuvés doivent toujours accéder aux épreuves de qualification sanctionnées par la FIS, satisfaire aux critères de performance et passer l’examen de neutralité du CIO, qui interdit les liens militaires, les déclarations pro-guerre et les affiliations financées par l’État. La période de qualification pour les Jeux d’hiver de 2026 se termine le 18 janvier 2026, ce qui laisse moins de quatre semaines à ces athlètes de l’AIN pour obtenir des points FIS cruciaux.

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