Les avalanches comptent parmi les risques naturels les plus dangereux et la science qui sous-tend leur formation et leur prévention est fascinante. Ces mouvements massifs de neige perturbent souvent le fonctionnement des domaines skiables et de la voie publique, entraînant d’importants investissements en matière de prévention. Déclenchées par des animaux, des humains, de fortes chutes de neige, des tremblements de terre et d’autres variables naturelles, les avalanches présentent le plus grand risque de glisser sur des pentes supérieures à 30°, mais ne retiennent généralement pas suffisamment de neige pour glisser sur des pentes supérieures à 45°.
En Europe, une centaine de personnes meurent chaque année dans des avalanches. Aux États-Unis, près de 30 personnes sont tuées chaque année par des avalanches, et 90 % de ces avalanches mortelles sont déclenchées par la victime ou un membre de son groupe. Les avalanches peuvent également être déclenchées à distance lors de déplacements au-dessus ou en dessous d’une pente raide, ce qui signifie que la vigilance est toujours requise lors des déplacements en arrière-pays. L’Institut américain de recherche et d’éducation sur les avalanches (AIARE) propose depuis 1998 un enseignement et une formation basés sur la recherche nécessaires aux voyages hivernaux dans l’arrière-pays.
Les avalanches se présentent sous de nombreuses formes et tailles, mais se produisent généralement sous l’influence d’un manteau neigeux instable. Un manteau neigeux se forme après plusieurs tempêtes individuelles qui laissent souvent tomber des flocons de neige de différentes tailles, en différentes quantités et à différentes températures. Lorsque la neige tombe dans des conditions normales, la neige adhère à elle-même et crée des couches solides, mais lorsque des facteurs tels que la chaleur ou le vent surviennent, une couche faible peut se former et ne pas adhérer au reste du manteau neigeux. Les recherches montrent que la neige qui adhère à elle-même est souvent de forme arrondie, tandis que les couches fragiles sont souvent constituées de neige « à facettes » ou « anguleuses » incapables de coller ensemble. Lorsque la couche supérieure du manteau neigeux se détache du reste en raison d’une couche faible entre les deux, de dangereuses avalanches de plaques peuvent se produire, envoyant toute la couche supérieure et des morceaux de neige vers le bas de la montagne.

Les avalanches de plaques sont la forme d’avalanches la plus courante et la plus dangereuse. Ils se forment de différentes manières, mais l’une des plus répandues est une plaque à vent. Lors d’épisodes de vents violents, la neige est ramassée là où elle est déjà tombée et déposée en quantités massives vers une zone spécifique où elle est transportée, créant une pression énorme sur les couches fragiles existantes et glissant généralement peu de temps après sa formation. Des plaques mouillées peuvent également se produire et constituent une préoccupation majeure pour les lignes de ski du printemps et du début de l’été. Ces types d’avalanches de plaques se produisent plus tard dans la saison, lorsque les températures élevées créent des gradients de température et de la neige à facettes dans le manteau neigeux, ce qui provoque la rupture des plaques. Un gradient de température inférieur à 1 ° Fahrenheit pour 10 cm de manteau neigeux ne produit pas de neige à facettes, tandis que des différences de température plus importantes peuvent être le signe d’un manteau neigeux instable.
Malgré d’importants efforts d’atténuation, il faut être conscient du risque d’avalanche même lors de recréations sur des terrains entretenus comme les stations de ski et la voie publique. Bien qu’extrêmement rare, la saison dernière a été marquée par une avalanche sans précédent à Palisades Tahoe, qui a coûté la vie à un skieur et en a blessé d’autres. Des avalanches mortelles se sont également produites à Taos au Nouveau-Mexique et à Silver Mountain dans l’Idaho. Il est important de tirer les leçons de ces tragédies et de comprendre que même si l’atténuation des avalanches fondée sur des données scientifiques constitue l’une des principales priorités des patrouilleurs de ski, il existe toujours un risque lorsque l’on recrée ou se déplace en terrain avalancheux.
L’atténuation des avalanches consiste à déclencher des avalanches à distance avant qu’elles ne puissent constituer une menace pour la sécurité publique. Les patrouilleurs de ski utilisent régulièrement des charges explosives et une technique appelée « coupe de ski » pour assurer la sécurité des pistes avant leur ouverture au grand public pour la journée. Les charges explosives peuvent être placées à la main, larguées par voie aérienne, tirées par l’artillerie ou éjectées des systèmes de contrôle des avalanches, qui sont devenus de plus en plus populaires, en particulier pour une utilisation sur les routes et les chutes d’avalanche connues.

« Les nouvelles unités télécommandées rendent les efforts de contrôle des avalanches plus sûrs pour les équipages et les automobilistes du CDOT, et réduisent considérablement les impacts de la fermeture », selon cette mise à jour du ministère des Transports du Colorado. Au moins 40 de ces appareils sont exploités par l’État sur certaines des routes les plus fréquentées de l’industrie du ski, telles que Loveland et Berthoud Pass, à la sortie de l’I-70. La prévention des avalanches est également vitale sur les routes alpines qui ne mènent pas aux domaines skiables. Le plus grand système mobile de contrôle des avalanches au monde est exploité par Parcs Canada sur la route transatlantique traversant le parc national des Glaciers. Il compte 130 chutes de neige reconnues traversant le corridor routier et une chute de neige annuelle moyenne de plus de 300 pouces. Le ministère de la Défense nationale a des soldats stationnés sur la route du col Rogers pour faire fonctionner des obusiers de 105 mm toute l’année sous la direction de Parcs Canada.
Les avalanches constituent une menace sérieuse pour les amateurs de sports d’hiver, mais les dispositifs d’éducation et de protection contre les avalanches peuvent réduire considérablement les risques. Comme mentionné, les cours AIARE sont nécessaires pour les loisirs dans l’arrière-pays, ainsi qu’une balise d’avalanche, une pelle et une sonde. Ces trois appareils constituent le strict minimum nécessaire pour secourir un partenaire enseveli dans une avalanche. Il est essentiel de localiser la victime à l’aide de votre balise et de votre sonde et de la déterrer avec votre pelle avant qu’elle ne succombe aux effets de l’asphyxie. La réduction des risques est essentielle, et une formation appropriée en matière d’avalanches vous permettra de recréer en toute sécurité sur des terrains accidentés tout en possédant les connaissances et les compétences nécessaires en cas de glissement.
