Alors que la flamme olympique effectue son long voyage depuis le lieu de naissance des Jeux à Olympie, en Grèce, jusqu’à sa destination finale à Milan, en Italie, chaque étape du relais ajoute une couche supplémentaire à une tradition qui remonte à près d’un siècle. Le mercredi 28 janvier Cerveaux de neige eu la chance de suivre cette flamme à travers l’un des paysages les plus emblématiques du monde olympique : les Dolomites italiennes.

Le relais de la flamme olympique est plus qu’une procession logistique. Introduit pour la première fois aux Jeux d’hiver de 1936, il a été conçu pour relier les anciens idéaux d’Olympie au mouvement olympique moderne, en véhiculant les thèmes de la paix, de la continuité et de l’humanité partagée au-delà des frontières. Peu d’endroits incarnent ce symbolisme comme les Dolomites, où la culture, la nature et l’histoire s’entremêlent au fil d’innombrables générations.

Après avoir commencé son voyage italien à Rome le 6 décembre, la flamme a atteint les montagnes fin janvier. La flamme olympique s’est déplacée autour de la Sella Ronda dans les Dolomites lors de sa 52e étape de Cortina d’Ampezzo à Antholz/Anterselva, jusqu’à Kronplatz, où elle a été portée par le légendaire alpiniste local Reinhold Messner, qui symbolise l’endurance humaine et le respect des montagnes comme aucun autre Tyrolien du Sud. De Kronplatz, la flamme s’est déplacée vers Bressanone et Bozen/Bolzano, avant d’être transportée sur les pentes de Gröden/Val Gardena et Val di Fassa.

SnowBrains a suivi la flamme lors de sa 52e étape, traçant son chemin au cœur de ce site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, où des pics calcaires déchiquetés s’élèvent nettement au-dessus des anciens villages. À Gröden/Val Gardena, la flamme a remonté la télécabine de Ciampinoi, puis a descendu la piste de Ciampinoi, utilisée lors des Championnats du monde alpins de 1970. La flamme a été transmise de porteur de flambeau en porteur de flambeau alors qu’un groupe d’habitants et de touristes suivaient le cortège tout au long de la course aux Championnats du monde. La neige tombait en flocons épais, qui engloutissent généralement tous les bruits, mais le calme habituel d’une journée de neige fraîche a été remplacé par des acclamations et une excitation vertigineuse. Au sourire de chacun, on pouvait dire que nous avions tous le sentiment de faire partie d’une histoire en devenir, que nous vivions tous l’expérience olympique, même si ce n’était que pour un instant éphémère.

Le moment le plus spectaculaire du parcours de la flamme à travers les pistes a eu lieu lorsque le porteur du flambeau à skis a été tiré par un cheval Haflinger, le cavalier en costume traditionnel. La 52ème étape s’est terminée à Passo Sella, où le flambeau a été officiellement passé de l’équipe germanophone de Gröden/Val Gardena à leurs homologues italophones du Val di Fassa. Sur fond de sommets imposants, l’échange cérémonial était un symbole puissant du lien sous-jacent dans la région qui a été durement combattu au cours des 100 dernières années. La région du Tyrol du Sud/Haut-Adige a été façonnée par une histoire complexe. Jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale, le Tyrol du Sud faisait partie de l’Empire austro-hongrois et était majoritairement germanophone. Elle fut annexée par l’Italie en 1919 et les habitants furent contraints d’adopter l’italien. Aujourd’hui, la région reconnaît officiellement trois langues : l’allemand, l’italien et le ladin, une ancienne langue romane parlée dans plusieurs vallées des Dolomites et de la Suisse (Rumantsch).

Suivre la flamme olympique à travers les Dolomites a mis en évidence une chose : ces montagnes ne sont pas seulement une toile de fond pour les Jeux d’hiver : elles font partie de l’identité locale. De nombreux athlètes italiens de sports d’hiver sont originaires de la région du Tyrol du Sud/Haut-Adige. Même si tout le monde ne parle pas la même langue maternelle dans l’État italien, il existe un lien commun entre les habitants des Dolomites qui dépasse les luttes et les guerres passées.

Alors que la flamme poursuit son voyage vers Milan, l’enthousiasme ne cesse de monter. Les Jeux Olympiques approchent dans moins d’une semaine et les Dolomites sont un symbole d’unité malgré les différences auxquelles les Jeux Olympiques ont toujours aspiré. La flamme olympique reste un puissant symbole de paix, d’unité et d’espoir.

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