Une récente décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) a rouvert la possibilité de participation des athlètes russes aux prochains Jeux olympiques d’hiver de 2026 à Milan-Cortina, en Italie. La décision du TAS concernant les lugeurs pourrait forcer la main à la fois à la Fédération internationale de ski et de snowboard (FIS) et à l’Union internationale de biathlon (IBU). Le vendredi 31 octobre, le TAS a statué que la Fédération internationale de luge (FIL) devait autoriser l’évaluation du statut neutre des athlètes russes après avoir été préalablement exclus. Cette décision pourrait avoir des implications considérables pour le ski, le biathlon et d’autres disciplines hivernales.
Le TAS a partiellement fait droit aux appels de la Fédération russe de luge et de six athlètes, déclarant que même si l’interdiction actuelle de tous les participants russes aux événements FIL demeure pour l’instant, l’exclusion générale des Russes qui pourraient se qualifier en tant qu’athlètes individuels neutres (AIN) doit être mise de côté. En substance : les athlètes russes pourraient concourir, à condition qu’ils répondent aux critères de neutralité fixés par le Comité international olympique (CIO), c’est-à-dire qu’ils n’occupent aucune position publique favorable à l’invasion et n’aient aucun lien avec les agences militaires/de sécurité de l’État. La FIL avait fait valoir que ces athlètes présentaient un « risque d’incidents » s’ils étaient autorisés à concourir. Le TAS n’était pas d’accord, ouvrant la porte aux neutres.

Par ailleurs, le TAS a rejeté l’un des appels russes, suspendant la demande de statut neutre de la patineuse Daria Kachanova en raison de ses liens avec le club sportif du CSKA Moscou, lié au ministère russe de la Défense.
La décision est importante car la FIS et l’IBU maintiennent actuellement des exclusions strictes. Le 21 octobre, la FIS a voté pour interdire aux athlètes russes et biélorusses l’accès aux épreuves de qualification de la FIS pour les Jeux olympiques d’hiver de 2026, leur interdisant ainsi l’accès à Milan-Cortina à moins que la décision ne change. L’IBU subit une interdiction similaire depuis 2022, fermant ainsi sa voie olympique à ces athlètes. Cela a effectivement fermé la voie à la compétition en tant qu’AIN pour les athlètes russes. Les équipes russes sont interdites de compétition par le CIO et ne bénéficieraient d’aucun changement dans l’interdiction de la FIS ou de l’IBU.
Alors que le TAS crée désormais un précédent selon lequel les interdictions nationales générales peuvent être juridiquement vulnérables, les deux fédérations subissent des pressions. Si la FIS ne révise pas sa politique, elle risque de faire appel au TAS pour contester son exclusion des athlètes qui pourraient être considérés comme neutres. De la même manière, l’IBU pourrait faire face à une augmentation des appels – ou des poursuites judiciaires – si elle maintient une exclusion pure et simple sans possibilité d’accéder au statut AIN.
Pour les athlètes de Russie et de Biélorussie qui se sont entraînés en exil ou ont participé à des programmes étrangers, cette décision offre de l’espoir. Cela envoie le message que les interdictions générales fondées sur des considérations politiques ne resteront peut-être pas incontestées. Pour les fédérations, cela soulève cependant des questions complexes : peuvent-elles concilier l’idéal olympique de neutralité politique avec les préoccupations du pays hôte et de la sécurité des athlètes ? Risquent-ils de perdre le contrôle de leurs décisions d’éligibilité en demandant aux CAS d’imposer des révisions ?
Le chemin à parcourir est compliqué. Le président de la FIS, Johan Eliasch, aurait été favorable au retour des neutres, mais certaines associations nationales membres l’ont rejeté, avec quelques menaces de boycott dans le passé. Avec le changement de signalisation CAS, la dynamique peut changer rapidement. Si les politiques du FIS ou de l’IBU restent rigides, la prochaine étape pourrait bien être une contestation judiciaire plutôt qu’un communiqué de presse.
À l’approche de Milan-Cortina 2026, la décision du TAS donne de l’espoir aux athlètes, mais leur laisse beaucoup d’incertitude à moins de 100 jours des Jeux Olympiques et seulement quelques mois pour se qualifier.

