Le domaine skiable de Schnalstal/Val Senales, situé sur l’un des plus hauts glaciers d’Europe, teste une nouvelle génération de couvertures d’enneigement biodégradables dans le but de réduire l’impact environnemental de la préservation de la neige pendant l’été. Le domaine skiable italien du Tyrol du Sud s’est associé à MINI TAKES CARE pour lancer le premier projet pilote du pays utilisant des géotextiles fabriqués à partir de fibres de cellulose certifiées biodégradables au lieu des tissus à base de pétrole traditionnellement utilisés pour la préservation de la neige. L’essai aura lieu cet été sur des sections du glacier Schnalstal, où la station pratique depuis des années une culture de la neige afin de préserver la neige pour la saison de ski suivante.
Alors que le processus de culture de la neige est encore émergent en Amérique, il est devenu une pratique de plus en plus courante dans les stations de ski d’Europe. Au lieu de fabriquer de la neige chaque automne, les stations collectent la neige restante à la fin du printemps, alors que les températures sont encore froides, l’entassent et la recouvrent d’épais matériaux isolants, allant de la sciure de bois et des copeaux de bois à des couvertures spécialement conçues, pour réduire considérablement la fonte des neiges au cours de l’été. Lorsque l’automne arrive, la neige préservée est découverte et répartie sur les pistes de ski, permettant aux stations d’ouvrir des semaines plus tôt tout en réduisant la quantité de neige d’enneigement nécessaire en début de saison. L’exploitation de la neige permet aux stations d’ouvrir de manière fiable en début de saison avec une empreinte carbone minimale. La fonte des neiges en été est limitée à 15-20% après de nombreuses années de perfectionnement de la méthodologie. La technique est désormais largement utilisée en Scandinavie et dans les Alpes.
À l’Alpin Arena Schnals, la préservation de la neige est devenue un élément essentiel de l’exploitation d’un domaine skiable sur glacier. La station, située près de la frontière autrichienne, se trouve sous le glacier Schnalstal, l’une des destinations de ski sur glacier les plus connues d’Italie. Elle abrite le glacier où Ötzi l’homme de glace a été découvert en 1991 et constitue un important lieu d’entraînement de début de saison pour les équipes de ski de la Coupe du monde du monde entier.
Cependant, comme les glaciers des Alpes, le glacier du Schnalstal a connu un recul important au cours des dernières décennies. Selon la station, environ 300 000 mètres cubes (10,6 millions de pieds cubes) de neige artificielle sont produits chaque printemps et soit répartis sur le glacier, soit stockés dans des dépôts de neige spécialement construits. Pendant l’été, ces réserves de neige et environ 9 hectares (22 acres) de surface de glacier sont recouverts de géotextiles isolants pour ralentir la fonte. Le nouveau projet remplacera certaines de ces couvertures conventionnelles par des alternatives biodégradables, permettant ainsi aux chercheurs de comparer leurs performances dans des conditions réelles de haute montagne.
Les couvertures de neige traditionnelles sont généralement fabriquées à partir de plastiques synthétiques qui peuvent se dégrader avec le temps après des années d’exposition aux rayons ultraviolets intenses, au vent et aux conditions alpines. Les nouvelles couvertures développées dans le cadre de l’initiative MINI TAKES CARE sont produites à partir de fibres de cellulose fabriquées par Lenzing AG. Selon les entreprises impliquées, les fibres sont certifiées TÜV Autriche comme biodégradables et compostables. Les chercheurs évalueront non seulement l’efficacité avec laquelle le matériau préserve la neige, mais également s’il peut réduire la pollution microplastique dans les environnements alpins sensibles. Le projet examinera également les réductions potentielles des émissions de carbone et de la consommation d’eau lors de la fabrication par rapport aux textiles synthétiques conventionnels.
Plutôt que de jeter les couvertures après utilisation, les partenaires du projet envisagent de recycler le matériau une fois retiré du glacier. En collaboration avec les entreprises textiles italiennes Marchi & Fildi et SAFE, les fibres récupérées seront transformées en de nouveaux fils et tissus pour de futures applications textiles. Les partenaires décrivent l’initiative comme un modèle de production circulaire qui va au-delà du simple remplacement du plastique par des matériaux biodégradables.
Partout dans les Alpes, les stations de ski sur glacier continuent de chercher des moyens de s’adapter à des étés de plus en plus chauds. Beaucoup ont étendu l’exploitation de la neige, tandis que d’autres ont expérimenté des couvertures glaciaires réfléchissantes ou ajusté les calendriers d’exploitation pour maximiser le ski de printemps plutôt que de s’étendre plus loin en été.
Pour Alpin Arena Schnals, les nouveaux géotextiles biodégradables représentent une autre tentative d’équilibrer l’exploitation des glaciers et la gestion de l’environnement. Reste à savoir si elles s’avéreront aussi efficaces que les couvertures de préservation de la neige conventionnelles, mais le projet pourrait offrir un aperçu de la manière dont les stations glaciaires européennes pourraient préserver la neige avec une empreinte environnementale plus faible dans les années à venir.

