Au moins six personnes ont été tuées dans des accidents d’avalanche dans les Alpes françaises ce week-end, alors que des conditions dangereuses du manteau neigeux persistaient malgré les avertissements répétés des autorités. Trois skieurs sont morts samedi, suivis de trois autres décès le dimanche 11 décembre, dans des incidents distincts en Savoie et en Haute-Savoie.
Le week-end meurtrier s’est déroulé dans un contexte de danger d’avalanche de niveau 4 et 5 (« élevé » et « extrême ») sur la plupart des massifs alpins. Météo-France et les autorités régionales ont appelé dès vendredi à « une extrême vigilance » et déconseillé fortement le ski hors-piste. Malgré ces avertissements, les pisteurs-secouristes ont fait état d’un mépris généralisé des conseils de sécurité. Les professionnels du sauvetage ont exprimé leur frustration face au nombre de skieurs se dirigeant vers l’arrière-pays sans équipement essentiel comme des pelles, des balises ou sans connaissance des alertes d’avalanche. Frédéric Bonnevie, président de l’Association de sécurité des pistes (ADSP) et directeur général de l’exploitation des remontées mécaniques d’Orelle, a critiqué le niveau de « non-respect des consignes » dans un message vidéo sur Facebook.

Le samedi 10 décembre, trois skieurs ont été tués dans deux avalanches distinctes à Val d’Isère et Arêches-Beaufort. A Val d’Isère, deux skieurs français sont morts après avoir été ensevelis sous 2,5 mètres de neige, selon un communiqué de l’office de tourisme de la station. L’alarme a été donnée par les membres de leur groupe restés sur la piste et qui se sont inquiétés du fait que les deux hommes ne sont pas revenus. Malgré les efforts de secours, les deux victimes n’ont pas pu être réanimées.
Un troisième skieur est décédé plus tard dans la journée dans une avalanche hors-piste dans la station savoyarde d’Arêches-Beaufort. Deux skieurs ont été emportés vers 14 heures ; l’un a été grièvement blessé à la tête et a été hospitalisé, tandis que l’autre est décédé malgré les tentatives des sauveteurs pour le réanimer.
Dimanche s’est avéré tout aussi sombre. Cinq avalanches ont fait trois morts et deux blessés à Courchevel, La Plagne et dans la région de Vallorcine, près de la frontière suisse. A La Plagne, un skieur britannique d’une cinquantaine d’années a été enterré par une avalanche hors-piste en début d’après-midi. La station a indiqué que 52 sauveteurs, des chiens d’avalanche et un hélicoptère avaient été déployés. La victime a été retrouvée après 50 minutes sous 2,5 mètres (8 pieds) de neige mais n’a pas pu être réanimée.
Plus tôt dimanche, un autre skieur a été retrouvé mort après avoir été enseveli par une avalanche à Courchevel, l’une des stations de ski les plus grandes et les plus fréquentées de France. Un troisième décès est survenu dans le secteur de Vallorcine en Haute-Savoie.
A Orelle, deux frères d’une vingtaine d’années ont été pris dans une avalanche alors qu’ils faisaient du hors-piste sans DVA. Un a été grièvement blessé. Bien qu’ils skient à proximité de pistes balisées, Bonnevie souligne que la proximité des pistes ne réduit pas le risque : « Il n’y a pas de petit ou de grand hors-piste. Même à quelques mètres d’une piste balisée et sécurisée, on est en danger. »
Une autre avalanche près de Tignes a emporté dimanche un snowboardeur, qui a ensuite été retrouvé partiellement immergé dans un lac et transporté à l’hôpital souffrant d’hypothermie.

Météo-France avait prévenu que dans des conditions de niveau 4, « le passage d’un seul skieur peut déclencher des avalanches de grande ampleur ».
Les conditions dangereuses ont également perturbé les déplacements dans la région. Environ 800 personnes ont été contraintes de passer la nuit de samedi à dimanche dans des centres d’hébergement d’urgence et des gymnases à Moûtiers, plaque tournante d’accès aux stations de ski de Savoie. Vingt-neuf autres personnes ont cherché un hébergement d’urgence à Val Thorens, tandis qu’une quarantaine de passagers sont restés bloqués pendant la nuit dans un bus en route vers Arc 2000.
