32 alpinistes ont été contraints de payer leur propre évacuation par hélicoptère du refuge Goûter au Mont Blanc en France après avoir poursuivi leur ascension malgré les avertissements des guides de montagne. La région a fermé deux refuges de montagne du Mont Blanc en raison du risque accru de chutes de pierres et de glissements de terrain. Les alpinistes ont néanmoins continué et se sont finalement retrouvés bloqués au refuge du Goûter, à 3 835 mètres d’altitude, après que les autorités locales ont fermé les refuges du Goûter et de Tête Rousse en raison des conditions dangereuses sur la route vers le Mont Blanc.
IMPORTANT : Avis du 11 août 2026
Suite à l’arrêté municipal ARR2026_014 SECU du 11 août 2026, invoquant le risque très élevé de chute de pierres dans le couloir du Goûter, les refuges de Tête Rousse et du Goûter sont fermés au public à partir de 14h00 le mardi 11 août 2026, jusqu’à leur réouverture officielle.
— Site de l’Association Française Alpine
Plutôt que de recourir à un hélicoptère de sauvetage financé par l’État, le maire de Saint-Gervais-les-Bains, Jean-Marc Peillex, a chargé une compagnie d’hélicoptères privée de descendre les grimpeurs à leurs frais. Peillex a décrit la situation comme « ubuesque » (anglais : absurde) et a déclaré que les alpinistes avaient sciemment ignoré les avertissements des guides de montagne et d’autres organisations déconseillant de gravir la voie.
Cette décision fait suite à la fermeture des refuges du Goûter et de Tête Rousse, qui constituent des points d’arrêt clés pour les alpinistes tentant d’atteindre le sommet du Mont Blanc. Ces fermetures ont été motivées par un risque accru de chutes de pierres et de glissements de terrain, en particulier le long du corridor du Goûter, l’un des tronçons les plus dangereux du tracé normal. Selon Peillex, les 32 alpinistes étaient bien conscients de la fermeture puisqu’ils avaient reçu des avertissements des organismes de guides de Saint-Gervais, Chamonix et Courmayeur, ainsi que du bureau local de haute montagne. Plusieurs organisations de guides avaient suspendu les visites guidées pendant plus d’une semaine avant l’incident.

Malgré les avertissements et les fermetures annoncées, le groupe a continué, a traversé le couloir du Goûter en route vers le sommet et a passé la nuit au Refuge du Goûter, officiellement fermé. Le refuge est resté accessible en cas d’urgence réelle malgré sa fermeture, ce qui signifie que les alpinistes pouvaient toujours s’y réfugier si les conditions devenaient dangereuses.

Lorsque le groupe a demandé une évacuation gratuite par hélicoptère le lendemain matin, Peillex a refusé. « Le groupe a sciemment escaladé le couloir du Goûter, parfaitement conscient qu’il faudrait le traverser à nouveau pour redescendre », a écrit Peillex dans un communiqué. Selon Peillex, le couloir du Goûter était relativement calme, ce qui signifie que les grimpeurs pouvaient descendre par leurs propres moyens, mais ont choisi de ne pas le faire. Le maire a consulté le commandant du Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne (PGHM), l’unité spécialisée française de secours en haute montagne. Les alpinistes n’étant pas considérés comme étant en danger immédiat et ne nécessitant pas d’intervention de secours, Peillex a autorisé l’hélicoptère privé Chamonix Mont-Blanc Helicopters (CMBH) à évacuer ceux qui souhaitaient un sauvetage aérien, mais à leurs frais. Certains des 32 alpinistes ont choisi de payer l’hélicoptère. D’autres descendaient simplement la montagne à pied.

« Nous sommes restés fermes ! » Peillex a écrit dans sa déclaration, soulignant que le groupe n’avait pas été abandonné et que ceux qui étaient capables de descendre en toute sécurité ont pu le faire. Le Refuge Goûter est désormais vide en attendant que les conditions s’améliorent suffisamment pour que le parcours puisse rouvrir.
L’incident a relancé un débat de longue date en France sur la question de savoir qui devrait payer les secours en montagne lorsque des personnes pénètrent sciemment dans un terrain dangereux. Peillex a fait valoir que cet épisode devrait créer un précédent pour modifier les règles françaises de secours en montagne, affirmant que les services de secours financés par l’État devraient être réservés aux véritables urgences plutôt qu’aux situations créées par des personnes qui ignorent sciemment les avertissements officiels. « Cet exemple doit faire jurisprudence pour réformer les règles de l’aide française pour la réserver exclusivement aux besoins réels de secours, en faisant payer aux irresponsables leurs abus et leurs prises de risques », a-t-il déclaré. Le maire a également contesté l’idée selon laquelle le principe de la montagne comme « espace de liberté » permettrait aux alpinistes d’ignorer les fermetures ou les avertissements.
Le massif du Mont Blanc connaît une instabilité croissante à mesure que les conditions alpines changent, les risques de chutes de pierres et de glissements de terrain devenant une préoccupation croissante sur les itinéraires traditionnellement considérés comme des voies d’escalade établies. Pour Peillex, cela signifie que les alpinistes doivent s’adapter. « La montagne se désintègre, c’est partout dans le monde, on le voit, donc il faut devenir adulte », dit-il.
Cet épisode est susceptible d’alimenter le débat sur la manière dont la France devrait gérer les secours en montagne – et sur la question de savoir si les alpinistes qui ignorent sciemment les fermetures devraient être obligés d’en supporter le coût lorsqu’ils auront besoin d’aide plus tard.

