Mardi 21 octobre, la Fédération internationale de ski et de snowboard (FIS) a voté la prolongation de l'interdiction actuelle des athlètes de sports de neige russes et biélorusses pour la saison 2025-2026. Depuis le début de la guerre contre l'Ukraine, les athlètes russes et biélorusses sont interdits de participer à toutes les épreuves de la FIS. La prolongation de l'interdiction signifie que les athlètes russes et biélorusses ne pourront pas concourir en tant qu'athlètes individuels neutres (AIN) aux Jeux olympiques d'hiver de 2026 à Milan-Cortina, en Italie, car ils n'ont aucun moyen de se qualifier, car les compétitions sanctionnées par la FIS constituent la seule voie de qualification.
« Le Conseil du FIS s'est réuni ce mardi et a voté pas faciliter la participation d’athlètes de Russie et de Biélorussie en tant qu’athlètes individuels neutres (AIN) aux épreuves de qualification FIS pour les Jeux Olympiques d’hiver et les Jeux Paralympiques de Milan Cortina 2026. »
Cette décision intervient bien que le Comité international olympique (CIO) ait annoncé précédemment que les athlètes russes et biélorusses pourraient concourir dans le cadre du programme AIN, à condition qu'ils se qualifient dans le cadre d'épreuves sanctionnées existantes et répondent à des critères stricts de neutralité. Le CIO avait précédemment décidé que les équipes russes ne seraient pas autorisées à participer aux Jeux d'hiver de 2026.
Avec le retrait de la FIS, cette voie pour les skieurs et les planchistes est désormais bloquée. La décision de la FIS reflète une décision antérieure de l'Union internationale de biathlon (IBU), qui a fermé la voie de qualification de cette fédération aux Jeux olympiques de 2022 pour les athlètes russes et biélorusses. La décision n'est pas une surprise pour la plupart, car l'IBU n'avait pas envisagé de parler de l'admission de ces athlètes aux Jeux de 2026.

Les interdictions imposées à des athlètes de nations spécifiques sont loin d'être uniques dans l'histoire olympique. Après la Première Guerre mondiale, l'Allemagne, l'Autriche, la Hongrie, la Bulgarie et la Turquie ont été exclues des Jeux olympiques d'été de 1920 organisés à Anvers, en Belgique. L'interdiction de l'Allemagne s'est étendue jusqu'aux Jeux d'été de 1924 à Paris, en France. Après la Seconde Guerre mondiale, les athlètes allemands furent à nouveau interdits, aux côtés des athlètes japonais, de participer aux Jeux d'été de 1948 à Londres, en Angleterre. L'Afrique du Sud a été interdite des Jeux olympiques entre 1964 et 1992 en raison de la politique d'apartheid du pays, tandis que la Rhodésie voisine (aujourd'hui le Zimbabwe) a été interdite des Jeux d'été de Munich en 1972.
Cette décision constitue un coup dur pour de nombreux athlètes russes qui espéraient pouvoir se qualifier en tant qu'AIN pour les Jeux d'hiver de 2026. De nombreux initiés avaient estimé que la FIS penchait pour permettre aux athlètes russes de concourir sous le nom d'AIN lors de la prochaine Coupe du monde 2025-26, et le président de la FIS, Johan Eliasch, aurait fait pression pour permettre aux Russes neutres de participer à la saison à venir. Cependant, les associations nationales de ski ont voté contre le président de la FIS.
La Fédération russe de ski a vivement réagi après l'annonce de la FIS et a menacé d'éventuelles poursuites judiciaires. « Cette décision poursuit l'approche discriminatoire envers nos athlètes, qui contredit le principe fondamental de neutralité politique inscrit dans les statuts de la FIS. Nous continuons de plaider avec force pour un traitement égal et juste de nos athlètes », a écrit la fédération dans un communiqué public.
La question de savoir s’il est juste de punir des athlètes individuels pour les actions de leur pays d’origine est discutable. Les critiques soutiennent que le sport devrait rester séparé de la politique, permettant ainsi aux athlètes, qui ne jouent aucun rôle dans les décisions gouvernementales ou dans l’implication militaire, de poursuivre leurs rêves sportifs sans supporter le poids des conflits internationaux. Les partisans de l'interdiction soutiennent que la participation russe irait à l'encontre de l'esprit olympique et risquerait de normaliser l'agression. La décision de la FIS, comme les interdictions antérieures dans l’histoire olympique, reflète l’équilibre difficile entre l’équité sportive et la responsabilité morale.

