Le Freeride World Tour 2026 atteint son point de rupture ce samedi 28 mars, alors que le FWT Xtreme Verbier, en Suisse, couronne les champions de cette année. Après un hiver qui a débuté en janvier et qui a été marqué par des perturbations météorologiques et des annulations, tout se résume désormais à un seul visage, une seule course et une dernière chance de gloire. Alors que les quatre titres au classement général sont encore indécis, 29 riders se retrouveront sur l’un des sites les plus intimidants du freeride, organisant l’une des finales les plus ouvertes de mémoire récente.

Au centre de tout cela se trouve le Bec des Rosses, un visage qui définit le sport depuis trois décennies. S’élevant à 3 223 mètres (10 574 pieds) avec un dénivelé de 600 mètres et des pentes atteignant 51 degrés, il présente un labyrinthe complexe de couloirs étroits, de lignes de crête exposées et d’airs obligatoires. C’est un lieu où le risque est essentiel, mais où seule la précision est récompensée. Après les épines sauvages et ouvertes de l’Alaska lors du récent Haines Pro, les coureurs sont désormais confrontés à un défi complètement différent : un terrain escarpé, technique et impitoyable où le choix de la ligne et le sang-froid comptent tout autant que la créativité.

Aucune catégorie n’a été mathématiquement décidée à l’approche de Verbier, transformant la finale en une véritable confrontation où le vainqueur remporte tout. L’Américain Toby Rafford est en tête du classement des skieurs masculins après sa victoire décisive en Alaska, tandis que Mia Jones est en tête du classement des snowboardeuses féminines lors de sa saison rookie. Le Français Victor de Le Rue vise un cinquième titre au classement général, un record, et sur le peloton, 13 rookies se préparent à se lancer dans le Bec des Rosses pour la première fois de leur carrière.

Rafford, surfant sur une vague d’élan, garde les choses simples à l’approche du plus grand événement de sa carrière. « Cela signifie tout pour moi… En entrant dans l’Xtreme, j’y vais sans pression, juste excité… Aucune pression, juste super excité », a-t-il déclaré après sa victoire en Alaska.

Six cavaliers américains sont attendus à Verbier : Mia Jones, Rafford, Ross Tester, Wynter McBride, Joey Leonardo et Shayne Blue Sandblom. L’une des intrigues les plus captivantes est un moment de boucle générationnelle : Jeremy Jones a remporté l’Xtreme Verbier en 2005, et 21 ans plus tard, sa fille Mia tombera dans le même visage avec une chance de remporter le titre général.

Dans les quatre disciplines, les marges sont serrées. De Le Rue mène Snowboard Men mais fait face à la pression de Liam Rivera et de la recrue Sacha Balicco. En Snowboard Femmes, Jones détient l’avantage, même si la championne en titre Noémie Equy et Anna Martinez restent à portée de main. La Suissesse Sybille Blanjean aborde le ski féminin avec un avantage sur sa montagne préférée, tandis que les recrues françaises Lou Barin et Zoé Delzoppo cherchent à perturber. En Ski Hommes, Rafford devra tenir tête au Néo-Zélandais Ben Richards, vainqueur des deux premières étapes, ainsi qu’à l’Américain Ross Tester, vice-champion de Verbier l’an dernier.

Verbier représente à la fois les racines et l’avenir du freeride. Depuis 1996, les meilleurs cavaliers du monde se sont testés sur cette face, façonnant ainsi la progression du sport. Dans le même temps, le freeride pousse vers l’inclusion olympique. Depuis qu’il a été reconnu comme discipline officielle par la Fédération internationale de ski et de snowboard en 2024, ce sport vise désormais ses débuts aux Jeux olympiques d’hiver de 2030.

En dehors de la montagne, les finales apporteront une ambiance de week-end à Verbier, avec un village événementiel, des dédicaces d’athlètes, de la musique live et des opportunités de démonstration sur neige. Les fans peuvent également profiter de billets de remontée à prix réduit lorsqu’ils voyagent en train, dans le cadre d’un effort visant à réduire l’empreinte environnementale de l’événement.

La couverture en direct commence à 9h30 CET (3h30 EDT), les coureurs passant dans l’ordre inverse du classement actuel. Pour les athlètes, tout se résume à une dernière course. Pas de filet de sécurité, pas de seconde chance : juste l’un des visages les plus emblématiques du freeride et quatre titres mondiaux à remporter.

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