Dès les débuts du snowboard, les riders ont travaillé pour recréer l’art du vol qu’ils trouvaient sur les rampes de skateboard et dans les piscines vides sur la neige. Avant que la technologie ne rattrape la créativité, cela signifiait utiliser le paysage naturel : fossés, lits de ruisseaux, tout ce qui pouvait être façonné à la pelle.

Ce qui existe aujourd’hui comme norme pour les skieurs et planchistes acrobatiques est tout autre chose. Les Superpipes, découpés avec précision et construits pour la vitesse et l’amplitude, sont spécialement conçus pour offrir aux riders la meilleure conduite possible.

Qu’est-ce qu’un « Superpipe » ?

Un superpipe est un half-pipe d’environ 64 pieds (19,5 mètres) de large et généralement entre 400 et 600 pieds (122 et 183 mètres) de long, avec des murs d’environ 22 pieds de haut (6,7 mètres). Les parois du tuyau sont presque verticales, avec une transition douce qui permet aux coureurs d’atteindre une vitesse maximale.

Les murs plus grands et la transition plus longue donnent aux coureurs plus de temps dans les airs et une zone d’atterrissage plus tolérante. Malgré leur taille, les superpipes modernes sont souvent considérés comme plus sûrs que les modèles antérieurs en raison de transitions plus douces et d’une construction plus cohérente. Les superpipes nécessitent un équipement spécialisé – et beaucoup de neige – pour être construits et entretenus. La machine la plus utilisée aujourd’hui est la Zaugg Pipe Monster.

Doug Waugh et le halfpipe moderne

En 1990, Doug Waugh, agriculteur et machiniste, a construit son premier prototype, vendant initialement sa conception à un fabricant de Fort Collins, au Colorado. Lorsque cette entreprise a décidé que le snowboard n’était pas un marché viable, Waugh a racheté son design et a lancé Pipe Dragon Inc.

Moins d’une décennie plus tard, l’équipe de Waugh avait exporté plus de 120 Pipe Dragons dans le monde. Ils ont même construit trois énormes « Super Dragons ». Lorsque Waugh a été chargé de construire le tuyau olympique de 1998, celui-ci a été présenté sur 60 minutes. Bien que mesurant seulement 3,5 mètres de haut – minuscule par rapport aux normes modernes – les espoirs olympiques comme le jeune Todd Richards l’ont qualifié de meilleur pipe qu’ils aient jamais monté.

L’impact de Waugh sur le ski acrobatique et le snowboard se fait sentir à chaque fois qu’un rider se lance dans un superpipe moderne. C’est l’une de ces étranges vérités : deux des figures les plus importantes du snowboard – Sherman Poppen et Waugh – n’étaient pas des athlètes. C’étaient des bâtisseurs.

Science du Superpipe et brève chronologie

Les tuyaux de 18 pieds étaient initialement considérés comme des « superpipes ». À mesure que la taille augmentait, le terme a changé pour décrire la version de 22 pieds utilisée aujourd’hui.

La norme de 22 pieds est restée pour une raison. Les murs plus grands créent une transition plus longue, ce qui aide les coureurs à conserver leur vitesse et à rester en équilibre tout au long du virage. Cela se traduit par plus de hauteur hors du tuyau et plus de temps pour réaliser des figures. Cela rend également les atterrissages plus indulgents : avec plus de mur sur lequel travailler, les planchistes sont moins susceptibles de dépasser le fond plat. À cette taille, les superpipes atteignent également une limite pratique. Ils sont assez grands pour les tricks modernes, mais restent réalistes à construire et à entretenir.

Cet équilibre – entre taille, précision et praticité – est ce qui rend le superpipe moderne si important. Ce n’est pas seulement une fonctionnalité ; c’est une plate-forme conçue pour la progression. Chaque mur propre, chaque transition cohérente, chaque lèvre parfaitement coupée supprime les variables et donne aux pilotes la confiance nécessaire pour aller plus loin. Dans une discipline où l’hésitation signifie une perte de vitesse et une perte d’altitude, cette fiabilité est primordiale.

Le résultat est visible chaque saison. Les astuces qui définissaient autrefois une époque deviennent rapidement une référence, remplacées par quelque chose de plus grand, de plus propre ou de plus technique. Les riders ne se contentent plus de réagir au tuyau : ils lui font confiance, l’utilisant comme une constante pendant qu’ils expérimentent à la limite de ce qui est possible. Le superpipe ne crée pas de progression en soi, mais il la permet d’une manière que rien d’autre en freestyle ne peut faire.

En ce sens, le superpipe moderne dépend moins de ses dimensions que de ce qu’il permet. Cela transforme la neige en quelque chose de suffisamment prévisible pour que les athlètes prennent des risques et de suffisamment stable pour qu’ils puissent les poser. Et tant que cet équilibre sera maintenu, il restera l’un des outils les plus importants pour conduire la prochaine génération de percées dans le ski et le snowboard.

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