La Suisse a connu d’importantes chutes de neige au cours des deux dernières semaines, remodelant considérablement le manteau neigeux du pays et augmentant fortement le risque d’avalanche.
Rien que la semaine dernière, certaines parties de la Suisse romande ont été ensevelies sous 1 à 1,5 mètres (3 à 5 pieds) de neige. Un mètre supplémentaire est tombé cette semaine dans certaines régions, portant le total des nouvelles tempêtes à 2,5 mètres (8 pieds). La nouvelle neige a contribué à effacer ce qui avait été un hiver pauvre en neige dans l’ouest, avec des épaisseurs de neige dans certaines régions désormais bien supérieures aux moyennes saisonnières. Selon l’Institut de recherche sur la neige et les avalanches (SLF) du WSL, des épisodes de neige de cette ampleur surviennent tous les cinq à 13 ans en Suisse.
Mais la neige est venue avec un sérieux problème. Ce qui rend ce cycle particulièrement préoccupant, c’est ce qui se cache sous la nouvelle neige. La nouvelle charge s’est abattue sur un manteau neigeux plus ancien et instable, qui contenait dans de nombreuses régions des couches fragiles anguleuses et facettées. Au nord d’une ligne Rhône-Rhin, ces couches faibles étaient présentes mais moins prononcées. Cependant, au sud de cette ligne, la base du manteau neigeux était par endroits entièrement à facettes et structurellement faible.

Le poids de 2,5 mètres de neige fraîche a considérablement accru la pression exercée sur ces couches fragiles. Les prévisionnistes ont averti que des avalanches spontanées étaient probables et que beaucoup d’entre elles se sont profondément fracturées dans le manteau neigeux. Dans les régions du sud, où les couches fragiles étaient particulièrement prononcées et à peine recouvertes avant les tempêtes, des charges supplémentaires, même légèrement inférieures, devraient déclencher des rejets naturels.
Même après la fin des précipitations, le manteau neigeux est resté instable. Le mercredi 18 février, de nombreux bruits de tassement – des effondrements audibles dans le manteau neigeux – ont été signalés, signalant clairement une instabilité persistante des plaques. Les avalanches ont été décrites comme étant faciles à déclencher, y compris à distance.
Alors que la Suisse romande bénéficie désormais d’épaisseurs de neige supérieures à la moyenne, le tableau est plus contrasté à l’est et au sud, où de nombreuses régions restent proches ou inférieures aux normales saisonnières.
Actuellement, les accumulations de neige les plus épaisses se trouvent aux endroits suivants :
| Station balnéaire | Profondeur de la neige (cm) | Profondeur de la neige (pouces) |
|---|---|---|
| Lauchernalp | 330cm | 130 po |
| Torrent – Loèche-les-Bains | 305 cm | 120 po |
| Saas-Fee | 290cm | 114 po |
| Glacier 3000 | 284 cm | 112 po |
| Morgins | 273 cm | 108 po |
| Les Portes du Soleil | 273 cm | 107 po |
Ces totaux reflètent le revirement spectaculaire dans l’ouest, où les conditions sont passées d’une couverture mince à une profondeur hivernale en quelques jours.

L’instabilité accrue a eu des conséquences tragiques. Quatre personnes ont été tuées dans des avalanches en Suisse la semaine dernière. Deux voyageurs de l’arrière-pays sont morts le 13 février près d’Airolo, dans le canton du Tessin. Le 15 février, une personne a été tuée près de Davos dans les Grisons et une autre est décédée près de Savognin, également dans les Grisons, le 17 février.
Ces décès portent à 13 le nombre total de victimes d’avalanches en Suisse cet hiver. Le pays compte en moyenne environ 18,3 décès par avalanche par an.
Pour les skieurs et les planchistes, les tempêtes ont transformé le paysage, en particulier dans l’ouest, produisant des totaux de neige parmi les plus épais de la saison. Mais la combinaison d’une charge rapide, de couches fragiles persistantes et d’une activité avalancheuse naturelle généralisée signifie que les conditions restent lourdes de conséquences, en particulier dans l’arrière-pays.
Les grands cycles de neige peuvent réinitialiser un hiver. Ils peuvent également révéler ses faiblesses les plus profondes. Pour l’instant, le manteau neigeux suisse est à la fois abondant et fragile, ce qui rappelle que la profondeur à elle seule n’est pas synonyme de stabilité. Le danger d’avalanche actuel dans une grande partie de la Suisse se situe entre 3 et 4 sur 5. Le risque le plus élevé persiste dans les cantons du Valais/Valais, des Grisons/Grischa et du Tessin/Tessin. Le SLF recommande aux personnes n’ayant aucune expérience du ski hors-piste de rester sur les pistes damées.
Nombre annuel de victimes d’avalanches par pays
| Rang | Pays | Moyenne sur 10 ans. Décès annuels par avalanche | ||
|---|---|---|---|---|
| 1 | USA | 23.4 | ||
| =2 | Italie | 21.6 | ||
| =2 | France | 21.6 | ||
| 4 | Suisse | 18.3 | ||
| 5 | Autriche | 15.1 | ||
| 6 | Canada | 10.8 | ||
| 7 | Japon | 6.6 | ||
| 8 | Suède | 0,5 | ||
| 9 | Chine | n / A |

