Le président Trump a proposé de construire une station de ski de luxe sur le mont Hermon, à cheval sur la frontière israélo-syrienne. Cela correspond au style de Trump qui tente d’apaiser les conflits et les batailles avec des incitations telles que des visions immobilières audacieuses qui apporteraient des opportunités économiques à la région. Cependant, l’idée se heurte à d’énormes obstacles pratiques, politiques et sécuritaires. Pour l’instant, la station de ski de luxe du mont Hermon n’est qu’une proposition, sans site confirmé, sans financement annoncé et sans calendrier de construction.
La station de ski fait partie d’un projet de zone économique commune entre Israël et la Syrie. Cette zone comprendrait : des parcs éoliens et des projets énergétiques, des centres de données, des usines pharmaceutiques et de nouvelles infrastructures (par exemple, éventuellement des oléoducs). L’administration du président Trump le décrit comme une mesure de confiance visant à lier la sécurité à une prospérité partagée, à réduire les tensions et à encourager la coopération. Israël et la Syrie sont techniquement en guerre depuis des décennies, sans relations diplomatiques formelles.

L’armée israélienne contrôle le mont Hermon, et il n’y a pas de lodges ni de commodités supplémentaires. L’armée utilise le domaine skiable pour s’entraîner aux conditions météorologiques extrêmes. Les locaux vous diront de ne pas vous éloigner de la station à cause de la frontière avec la Syrie. Le président Trump a publiquement soutenu le nouveau leadership syrien dirigé par le président Ahmed al-Sharaa, qui a pris le pouvoir après la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024 et qui a dirigé la Syrie pendant plus de deux décennies. En novembre, le président Trump a accueilli al-Sharaa, la toute première visite d’un président syrien aux États-Unis.
Cette semaine, des affrontements militaires ont eu lieu entre les forces gouvernementales syriennes et les Forces démocratiques syriennes à Alep. Le président Trump s’est exprimé vendredi lors d’une conférence de presse au sujet de la détérioration rapide de la situation sécuritaire dans le nord de la Syrie, appelant à un arrêt immédiat des affrontements qui s’intensifient. « Je veux voir la paix. Oui, je le veux », a déclaré le président Trump. « Les Kurdes et le gouvernement syrien, nous nous entendons bien avec les deux, comme vous le savez très bien. »
Les développements récents sous la médiation américaine incluent la reprise des négociations, les délégations se réunissant à Paris cette semaine. Un accord visant à établir une « cellule de fusion » (ou mécanisme de communication) supervisée par les États-Unis pour : le partage de renseignements, la désescalade militaire, les contacts diplomatiques et les discussions commerciales. Dans l’ensemble, Washington y voit une opportunité de tester la coopération et potentiellement de réinitialiser les relations.
Ce n’est pas la première fois que le président Trump utilise les investissements économiques et financiers comme outil pour tenter d’apaiser les tensions dans une région en conflit. L’année dernière, le président Trump a annoncé la proposition concernant Gaza, dont le coût était estimé à 112 milliards de dollars sur dix ans. Le plan était de construire une station balnéaire dotée de plages de luxe, de trains à grande vitesse et d’infrastructures alimentées par l’IA.
Cette proposition actuelle d’une station de ski de luxe à la frontière israélo-syrienne ne sera pas facile à réaliser. Premièrement, le mont Hermon est une zone stratégique vitale en raison de sa haute altitude et une zone qu’Israël utilise depuis longtemps pour la surveillance militaire, les postes d’observation et l’entraînement. Cette zone est en conflit depuis des décennies, notamment lors des guerres passées (1967 et 1973), et plus récemment, après la chute de Bachar al-Assad en 2024.
La Syrie reste également profondément instable sur le plan intérieur, avec de violents combats qui ont de nouveau éclaté à Alep entre les forces gouvernementales et les Forces démocratiques syriennes dirigées par les Kurdes. Cela a conduit à des bombardements intenses sur des quartiers, à la fermeture d’écoles, de bureaux et de vols, et a contraint des milliers de civils à fuir la région. Les conflits internes auxquels la Syrie est confrontée, avec des tensions ethniques et des luttes de pouvoir, ne feront que rendre la station de ski de luxe du mont Hermon encore plus difficile à réaliser.
De hauts responsables israéliens et syriens se sont rencontrés mardi et les parties ont convenu d’entamer un dialogue sur la coopération dans les domaines de l’énergie, de la santé et de l’agriculture. Cette réunion est la première fois qu’Israël et la Syrie conviennent d’engager des discussions sur des questions civiles, plutôt que sur les seules dispositions sécuritaires.
Le chemin vers la paix reste aussi abrupt que la géographie du mont Hermon par rapport à la région. On ne sait pas si la proposition de Trump fonctionnera ou s’il s’agit simplement d’un autre accord immobilier qu’il propose. Mais c’est peut-être plus que cela ; il pourrait s’agir d’un test à enjeux élevés pour savoir si les opportunités économiques peuvent mettre fin à des décennies d’hostilité, avec une station de ski au centre. Pour l’instant, il ne s’agit que d’une proposition, sans site confirmé, sans financement annoncé et sans calendrier de construction. La question de savoir si la station de ski proposée se concrétisera un jour reste à déterminer.

